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slide show PDL
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Comment se déroule l'approche de la langue étrangère en psychodramaturgie ?


Les premières étapes du déroulement classique d'un cours de PDL


Nous décrirons à titre d'exemple les premiers jours d'un cours de Psychodramaturgie pour débutants, tels que les participants peuvent les vivre avec une animatrice* formée à cette approche.

Pendant la première semaine d'un cours intensif (trois à six heures par jour) l'animatrice suit une progression précise qui permet d'introduire en toute sécurité les participants dans la langue étrangère.

A partir de la seconde semaine d'un cours intensif qui se déroule sur plusieurs semaines ou du troisième week-end de cours répartis sur plusieurs week-ends l'animatrice dispose d'un large choix d'activités et de techniques auquel elle peut avoir recours en fonction de la compétence linguistique et communicative, des besoins, des thématiques et de la vie du groupe. Nous illustrerons ce type d'exercices à l'aide d'un exercice de projection de groupe (voir Les chaises ci-dessous).


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Pourquoi des cours intensifs ?


Les cours de Psychodramaturgie Linguistique sont proposés de préférence sous forme intensive, que ce soit sur plusieurs week-ends (par exemple du vendredi soir à 17 heures au dimanche à 14 heures) ou sur une ou plusieurs semaines (en général entre 25 et 35 heures suivant l'organisme) ou même sous forme de cours du soir.
Les participants peuvent acquérir la langue étrangère de manière plus efficace, plus aisée et ainsi gagner beaucoup de temps.
Comme les phénomènes grammaticaux apparaissant avec une plus grande fréquence, certains d'entre eux peuvent être plus facilement intégrés de manière directe sans qu'il soit nécessairement fait appel à la description de leur fonctionnement.
En raison de l'intensité, ils peuvent également développer plus facilement les attitudes, aptitudes et comportements qui favorisent l'apprentissage d'une langue étrangère et que nous considérons comme les objectifs profonds de l'apprentissage (voir les caractéristiques de la Psychodramaturgie).

La majorité des activités et procédures de la Psychodramaturgie Linguistique peuvent être utilisés dans un contexte extensif.


Quelle est la taille des groupes ?


Les cours de PDL ont lieu dans des petits groupes le plus souvent de niveaux hétérogènes. La taille idéale du groupe pendant la première semaine est entre 8 et 12 personnes (pas plus de quatorze personnes pendant la première semaine). Les groupes peuvent ensuite être plus grands. La PDL est également utilisée en cours individuels.


Quels niveaux sont concernés par la PDL ?


En raison de la construction particulière des exercices de PDL, les participants disposant de niveaux différents peuvent travailler ensemble et profiter des différences de connaissances entre eux.

Les participants de niveaux suivants peuvent travailler ensemble:


no data Débutants et faux-débutants


no data Faux-débutants et participants avancés


no data Etudiants avancés qui veulent élargir et approfondir leurs connaissances générales dans la langue étrangère afin de mieux communiquer ou afin de mieux accéder à la presse et à la littérature de la langue-cible.
Etudiants avancés qui désirent mieux maîtriser certaines situations professionnelles spécifiques.


Ces cours s'adressent à des adultes, à des adolescents ou à des enfants.


Les premiers pas dans la langue étrangère


Pendant les premiers jours chacun est introduit
individuellement et à son rythme
dans la langue étrangère.


Pendant les quatre premiers jours d'un cours intensif pour débutants, grâce aux exercices de double et de miroir, chaque participant est introduit individuellement et à son rythme dans la langue étrangère. Il est à l'origine de la langue qui lui est proposée ou qu'il emploie et c'est lui qui oriente, en fonction de ce qu'il exprime ou reprend, les propositions de l'animatrice dans la langue étrangère. La langue naît à l’intérieur du groupe.
Nous expliquons ci-dessous le déroulement classique des premiers jours d'un cours intensif de PDL avec des débutants.
Nous décrivons comment un participant qui ne disposent d'aucune ou de peu de connaissances dans la langue étrangère fait ses premiers pas dans cette langue.
En général la première semaine d'un cours intensif composé de débutants et faux-débutants suit une progression technique précise qui permet aux participants de progresser pas à pas dans la langue étrangère pour la découvrir à son rythme accompagné par l'animatrice qui s'adapte à lui. Dans un groupe pour faux-débutants et étudiants avancés certaines de ces phases sont supprimées.


1.1 Premier jour : Le double empathique


Dans le double empathique, c’est en partant du rythme respiratoire du participant que celui-ci est introduit dans le rythme et la mélodie de la langue étrangère, et c’est en fonction de sa façon de reprendre ce qui lui est présenté que l’animatrice élargit ou rectifie l’orientation de la séquence verbale qu’elle lui propose. Il peut ainsi se familiariser avec les particularités rythmiques et mélodiques de la langue cible et sentir qu’il lui est possible de prendre pied et de progresser en sécurité dans cette langue.


La relaxation


Chaque jour de cours commence par une relation. Suivant le cadre de travail, celle-ci se fait assise ou en position allongée (la forme la plus efficace). Cet exercice ne permet pas seulement de se relaxer mais il permet également :


no data de faire une coupure avec la vie à l'extérieur pour mieux "atterrir" dans le cours et se concentrer sur ce qui se passe dans le cours.


no data de développer sa disponibilité et sa réceptivité, des aptitudes qui facilitent particulièrement l'apprentissage d'une langue.


no data d'augmenter la capacité de se concentrer


no data d'augmenter sa confiance en soi


no data de créer un premier contact avec le rythme et la mélodie de la langue étrangère dans des conditions de calme et dans une attitude réceptive.


no data d'entrer en contact avec la langue du corps et, dans certains cas, de prendre conscience du schéma corporel.


La relaxation se déroule en "sandwich" : une "tartine" dans la langue cible, puis les termes correspondants dans la langue maternelle pour bien comprendre l'exercice, puis à nouveau une "tartine" dans la langue cible.
Au bout de quelques jours, quand les participants ont intégré le déroulement de l'exercice, celle-ci a lieu uniquement dans la langue cible.


L'échauffement : le miroir de groupe


Se mettre au diapason dans la langue étrangère


Dans ce premier échauffement les participants sont invités à orienter leur attention sur le rythme, la mélodie, l'articulation de la langue étrangère et à adopter, en miroir, les mouvements qui accompagnent la langue, car chaque langue possède sa propre dynamique corporelle.

Les participants sont assis ou debout en cercle et reprennent en miroir et en écho les gestes, les sons, les énoncés de l'animatrice qui les introduit, de manière souvent poétique, dans la langue étrangère.

L'objectif est de créer un contact positif avec la langue étrangère et de permettre aux participants de sentir qu'ils peuvent faire en toute sécurité leurs premiers pas dans la langue étrangère, et qu'ils sont capables de reprendre des énoncés de cette langue à un rythme normal.


L'exercice principal : le double empathique


Le double : un monologue à deux.


Chaque participant est introduit individuellement dans le rythme et la mélodie de la langue en partant de son propre rythme. Ce premier exercice permet à chacun de se sentir en confiance dans cette langue, de se familiariser avec ses rythmes et ses sons.
Comme l'animatrice se trouve assise derrière le participant et très proche de son oreille, il peut percevoir la langue étrangère de façon très précise. Le double lui offre des conditions de perception qui en facilite la reproduction.
Cet exercice est constitué de trois phases, chacune de ces phases ayant une fonction particulière.


1- Le masque complet


1- Le protagoniste met tout d'abord un masque qui couvre tout le visage. Comme il ne peut ni voir ni parler sous ce masque, il se concentre sur l'écoute de la séquence verbale que lui propose l'animatrice et sur le rythme, la mélodie et les sons de la langue étrangère.
L'animatrice se met sur le rythme respiratoire du participant et adopte une partie de son attitude corporelle pour s'identifier autant que possible à lui.
Partant de cette identification, elle lui propose une courte séquence d'environ une minute et demie ou deux, qu'elle reprend à la fois pour mieux "asseoir" cette séquence et pour la rendre plus familière au protagoniste.


2- Le demi-masque aveugle


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La langue leur est proposée sur mesure.


Le participant met ensuite un demi-masque aveugle qui lui permet de parler. L'animatrice reprend sa séquence verbale et propose au participant d'essayer de reprendre ce qu'il entend pour s'habituer aux rythmes et aux sons de la langue étrangère et en sentir les particularités articulatoires.
L'animatrice s'adapte continuellement au rythme du participant, élargissant légèrement les passages qu'il reprend volontiers en proposant des expression synonymes, accordant moins de place aux autres. Elle lui propose une langue sur mesure.


3- Le demi-masque ouvert




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Le protagoniste met ensuite un troisième masque, qui lui permet à la fois de parler et de voir. Il prend souvent conscience dans cette phase qu'il ne parle pas que pour lui mais en présence des autres. L'animatrice lui propose de nouveau la séquence verbale adaptée en fonction des réactions du protagoniste dans la phase précédente. Elle continue à adapter sa séquence aux réactions du participant à qui cette séquence devient de plus en plus familière.


Exercices intermédiaires


En général, lorsque deux participants ont fait l'expérience individuelle du double, l'animatrice propose un exercice intermédiaire. Ceci peut être un petit poème qui illustre certaines particularités rythmiques ou mélodiques de la langue, un exercice de rythme ou un exercice qui sensibilise à l'écoute et à l'identification à l'autre.

Ensuite deux nouveaux participants expérimentent l'exercice du double.


Questions souvent posées sur ce premier jour


Pourquoi utiliser des masques les premiers jours ?


Des masques neutres sont utilisés pendant les quatre premiers jours d'un cours intensif. Les masques aveugles favorisent la concentration en particulier sur la prononciation de la langue étrangère. La perception auditive, la réceptivité et l'écoute sont renforcées du fait que la vue est occultée.

Les masques ont également une fonction protectrice : sous un masque on se sent autre et on n'est pas gêné par le regard des autres.


Pourquoi est-ce que les cours ont lieu le plus souvent directement sur le sol ?


Les cours de Psychodramaturgi ont généralement lieu directement au sol. Cela permet aux participants de disposer d'une plus grande mobilité et d'une plus grande liberté de mouvements. La communication entre les participants se trouve facilitée car il n'y a pas de barrière spatiale entre eux. Ils peuvent adopter la position corporelle qu'ils désirent ou qu'ils trouvent plus confortable.
La mise en place des exercices est également plus aisée.
Les participants peuvent s'allonger pendant les exercices de relaxation ce qui renforce l'efficacité de ces exercices.

Naturellement les exercices peuvent également en fonction du cadre de travail ou des besoins des participants se faire sur des chaises ou des tabourets, nous préférons d'ailleurs ces derniers aux chaises en raison de leur plus grande mobilité.


Que font les autres participants pendant que le protagoniste est au centre ?


Pendant les premiers jours nous conseillons aux autres participants de s'identifier au protagoniste, ils s'imaginent être à sa place. Cette identification favorise le processus d'acquisition de la langue. Ils développent en même temps une attitude communicative importante en communication : s'identifier à l'autre quand il s'exprime et par là même le comprendre de l'intérieur. Nous observons souvent dans cette phase que nombre de participants en reprenant les propositions de l'animatrice, bougent les lèvres en synchronie avec le protagoniste. Dans certains de ces exercices, nous invitons les participants à être écho du protagoniste.


1.2 Deuxième jour : le double sur impulsion verbale.


Le deuxième jour, ce sont les participants eux-mêmes qui orientent le contenu de leur séquence verbale en proposant un mot ou un énoncé court et en exprimant à travers l'intonation ce qu'ils associent à ce mot. Ils orientent également la construction de la séquence dans la façon dont ils reprennent ce que propose l'animatrice.


Échauffement : la ballade intonative


Pendant cet échauffement les participants se déplacent dans la pièce et disent un mot ou une phrase en jouant avec son l'intonation et en observant l'effet de ces changements d'intonation sur le sens de l'énoncé. Puis ils font la même chose avec un nouvel énoncé, le prononçant tout d'abord pour eux et l'adressant ensuite aux autres, ce qui crée des échanges parfois inhabituels.

L'objectif de cet exercice est de sensibiliser les participants à l'importance non seulement du "quoi" mais surtout du "comment" en communication. Il montre également qu'on peut exprimer beaucoup de choses avec peu de mots lorsqu'on a recours aux possibilités de l'intonation.


L'exercice principal : le double sur impulsion verbale


Le deuxième jour, le protagoniste met un demi-masque aveugle et exprime,à partir d’une technique précise, un court énoncé verbal qui sert de point de départ à la séquence que développe ensuite l’animatrice autour de cet énoncé,ici encore elle adapte continuellement la séquence à la façon dont le protagoniste reprend ce qu’elle propose. Il s’agit d’un travail d'ajustement continuel à l'expression du protagoniste. Le participant est non seulement à l’origine de la parole mais il oriente aussi le développement de la séquence autour de son expression originale.
La séquence est ensuite reprise avec un masque voyant pour l'assurer et la renforcer un peu plus.
Les faux-débutants ou les étudiants avancés ne proposent pas seulement un mot ou un bref énoncé dans cette phase, mais plus s'ils le désirent. L'animatrice les soutient et élargit ensuite leur séquence dans une phase de recharge, afin de la rendre plus fluide et linguistiquement plus correcte ou plus élaborée.


1.3 Troisième jour : le miroir de l'animatrice


Le miroir: du monologue à l'ébauche de dialogues


Le troisième jour a lieu un exercice de miroir. Alors que pendant les deux premiers jours l'animatrice s'identifiait aux participants, dans cet exercice, les participants sont invités à s'identifier à l'animatrice.
Un des objectifs de cet exercice est d'habituer les participants à s'identifier à leur interlocuteur pour mieux le comprendre et pour par là même mieux communiquer avec lui.


1.La naissance de la séquence


L'animatrice porte un demi-masque "aveugle" et se concentre sur elle-même. Elle laisse venir une courte séquence verbale qu'elle reprend pour la renforcer. Elle a en face d'elle un protagoniste qui porte lui-même un demi-masque aveugle. Dans un premier temps, celui-ci ne fait qu'écouter l'animatrice, puis lorsqu'elle reprend sa séquence, elle propose au participant de reprendre cette séquence en écho.


2. L'interversion des places


Le protagoniste et l'animatrice intervertissent leurs places. L'animatrice reprend sa séquence, mais cette fois le protagoniste, qui porte un demi-masque voyant, ne doit pas être seulement l'écho mais aussi le miroir de l'animatrice afin de mieux s'identifier à elle et par là même de mieux entrer dans sa séquence.


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Naissance de la séquence ------------> Interversion des places



3. Retour de chacun à sa place originale


Chacun retourne à sa place originale, cette fois personne ne porte de masque. L'animatrice reprend sa séquence, mais le protagoniste a deux possibilités : il peut continuer à être l'écho de l'animatrice ou il peut, à tout moment, réagir à ce qu'elle dit, puis à nouveau être écho.
Avec des débutants complets, de premières ébauches de dialogues ont lieu dans cette phase, par contre avec des faux-débutants ou des participants avancés ce sont de véritables dialogues qui se déroulent alors.


1.4 De la relation duelle à la relation groupale


Comme il ne nous est pas possible dans ce cadre de décrire chaque exercice nous nous contenterons d'en esquisser les grandes lignes.

Le troisième jour a lieu un "miroir du participant" dans lequel le protagoniste s'exprime d'abord par gestes, puis tente de verbaliser sa séquence gestuelle avec l'aide de l'animatrice. Puis celle-ci prend sa place et propose une version plus élaborée de sa séquence. Le participant reprend en écho ce qui lui convient. Cette phase permet d'élargir les possibilités d'expression du protagoniste. Dans une dernière phase dans laquelle chacun reprend sa place originale, un dialogue a lieu en partant de la séquence verbale du protagoniste.

Le quatrième jour un dialogue a lieu entre le protagoniste et l'animatrice qui joue à la fois un rôle de soutien linguistique et d'interlocutrice (relation triadique).


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Du Double -------> au dialogue
(Extrait d'une rencontre triadique avec une animatrice)



Ensuite viennent des exercices qui permettent la rencontre avec un puis plusieurs participants et enfin des exercices qui impliquent le groupe dans son ensemble., nous entrons alors dans la dramaturgie de groupe.


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Préparation à la rencontre de deux protagonistes
dans leur sous-groupe respectif



Diverses activités sont alors possibles, elles peuvent être fondées sur des techniques de projection (cf. ci-dessous l'exemple des chaises), d'identification, d'association...
Elles peuvent partir d'attitudes, de tableaux vivants, de textes, de documents iconographiques...
Ces activités sont choisies en fonction de la vie du groupe et des besoins des participants.


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Rencontre de deux protagonistes
avec le soutien de leur sous-groupe respectif



Les techniques de soutien


Pour soutenir les participants dans leur désir d'expression nous disposons de différentes techniques dont nous allons illustrer certaines d'entre elles dans l'exercice des chaises décrit ci-dessous.


no data La "technique de développement de la séquence" permet de partir la production verbale spontanée des participants (cette production est parfois très lapidaire, en particulier lorsqu'il s'agit de débutants complets) et d'élargir progressivement dans un mouvement spiroïdal leur production initiale.


no data Les "techniques de recharge" permettent, en partant de la production spontanée des participants,de mettre à leur disposition de nouveaux moyens linguistiques pour élargir, préciser, nuancer ou renforcer leurs moyens d'expression . Elles ont en même temps une fonction correctrice.


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La reprise : l'animatrice, en position de double,
propose un élargissement de la séquence



no data Les "techniques de reprise" permettent d'éviter que la situation d'apprentissage ne se déroule pas de façon essentiellement linéaire. La même situation est reprise en changeant un paramètre chez un des protagonistes de la rencontre ou à la situation elle-même. Ainsi les participants ont la possibilité de réutiliser dans des conditions légèrement modifiées une partie des éléments linguistiques nouveaux qui leur ont été proposés lors de la rencontre précédente. Nous obtenons ainsi le changement dans la continuité" sans avoir une impression de simple répétition. Ils peuvent en même temps développer une certaine flexibilité dans les rôles qu'ils endossent et dans l'emploi de la langue qui leur est proposée.


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Rotation : rencontre des participants en dyades successives


2. La dramaturgie de groupe



A partir de la seconde semaine d'un cours intensif (ou du cinquième week-end lorsque les cours ont lieu sous forme de week-ends) l'animatrice décide du type d'exercice et de son déroulement en fonction de la constitution du groupe, de ses besoins, de ses thèmes et de ses attentes.

La PDL dispose de toute une gamme d’exercices qui stimulent le désir d’expression des participants, Il est fait appel à cette fin à des exercices de projection, d’identification, d’association. C'est également en fonction des besoins et des attentes des participants et de la vie du groupe que les différentes activités, les textes ou les documents iconographiques sont choisis à un stade ultérieur de l'apprentissage.

Lorsque les participants désirent maîtriser des situations privées ou professionnelles, ces situations sont préparées à l'aide de techniques psychodramaturgiques afin d'établir une relation étroite entre l'action dans le groupe et les objectifs.

Pour illustrer la mise en place de ce type d'exercices nous proposons la description d'un exercice de projection : "les chaises". Cette technique a été déjà décrite en d'autres lieux de manière détaillée (cf. Bibliografie, Dufeu 1995: 150-152 et 2003, S. 34-35).



Une activité projective de groupe : Les chaises


Cette technique repose sur l’adaptation d'une technique projective du psychodrame et permet de faire la différence entre l'activité psychodramatique et sa version psychodramaturgique.
En psychodrame, elle se fait avec une chaise et il est demandé aux participants du groupe de s'imaginer une personne sur cette chaise, ce qui conduit souvent à un dialogue avec quelqu'un de proche et à un travail thérapeutique individuel (j'ai fait connaissance de cette technique en psychodrame en 1985 sous la conduite de Zerka Moreno au International Centre for Psychodrama de Barnstaple).

Nous avons transposé le principe projectif sur lequel repose cet exercice en PDL, mais pour éviter tout glissement thérapeutique, nous l'avons adapté au contexte pédagogique en changeant deux de ses paramètres: au lieu de projeter une personne sur une chaise, les participants projettent une situation à partir de la constellation de plusieurs chaises. Nous faisons appel à une projection de groupe et non une projection individuelle dans le choix de cette situation. Ces deux différences "dé-psychologisent" ou "dé-thérapeutisent" l'exercice.


La détermination de la situation


Des chaises sont placées au centre de la pièce. Cette constellation crée une surface de projection pour l'imaginaire du groupe.
Pour illustrer cet exercice nous prendrons le cas de deux chaises qui font face à une troisième. Le groupe indique quelles situations pourraient représenter ces trois chaises. L'indication des situations conduit souvent à une précisions des protagonistes de celle-ci : un candidat à un poste se présente devant le chef du personnel et le responsable de la section dans laquelle il doit travailler, un couple consulte un conseiller conjugal, les parents viennent voir un professeur de leur enfant...

Une personne prend note des propositions faites par le groupe. La liste des situations est ensuite lue et chacun peut lever trois fois la main pour indiquer quelle situation doit être mise en scène... Les participants décident ensuite laquelle des deux situations qui ont obtenu le plus de voix doit être jouée, ils ne disposent alors que d’une voix par personne. Ce double vote permet d’obtenir une situation en résonance avec le groupe. (Je dois à Pierre Bour, psychodramatiste français le principe de ce double vote).


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L'interview


Le groupe se divise ensuite en sous-groupes de quatre personnes qui préparent la scène dans différents endroits de la pièce en mettant trois chaises selon la constellation présentée au centre du groupe. Trois personnes prennent place sur les chaises et prennent le rôle des trois protagonistes de la situation choisie par le groupe. La quatrième personne se charge de la mise en place de la scène et commence par interviewer les trois protagonistes afin qu'ils acquièrent une certaine épaisseur psychologique et afin de créer en eux des forces qui vont leur permettre d'entrer en action et en interaction les uns avec les autres. L'animatrice montre auparavant au groupe à partir d'un sous-groupe comment se déroule cette interview, qui, en général, associe des questions individuelles qui permettent de spécifier certaines caractéristiques des personnages (âge, profession...) et des questions d'ordre sociométrique concernant leur relation aux deux autres personnages de la scène. Elle tente de développer cette relation sociométrique de manière complémentaire afin qu'un participant ne définisse pas pour les autres les conditions de la situation. Dans le cas de la situation chez le conseiller conjugal, elle demande par exemple au mari d'indiquer depuis combien de temps ils sont mariés, et à la femme s'ils ont des enfants...


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L'interview



La première rencontre


Avant de jouer les participants décident sous la direction du "metteur en scène" du lieu et de l’heure exacte du déroulement de la scène afin de la situer dans l'espace et le temps. Pendant le déroulement de la scène, le metteur en scène prend note pendant cette phase, des problèmes linguistiques qui apparaissent, des expressions utilisées dont il n'est pas certain de l'adéquation de leur emploi...

Plusieurs sous-groupes peuvent ensuite présenter leur scène devant tout le groupe ou bien trois personnages issus de trois sous-groupes différents se rencontrent au centre de la pièce.


La recharge linguistique


Lorsqu'une scène a été présentée dans la groupe, l'animatrice peut se placer en position de double derrière un des protagonistes. Elle part alors de la séquence verbale que celui-ci vient d'exprimer dans la scène et lui propose d'autres manières de formuler ce qu'il vient de dire. Le protagoniste reprend au fur et à mesure de leur présentation les propositions qui sont en accord avec ce qu'il veut exprimer. L'animatrice tient compte de ce qu'il reprend et de la manière dont il le fait pour élargir ses possibilités d'expression. Elle peut utiliser cette technique de recharge linguistique avec les deux autres protagonistes et leur proposer ensuite de rejouer la scène en demandant aux participants de changer la composition des sous-groupes ou en changeant un des paramètres de la rencontre utilisant la technique de reprise décrite ci-dessous.


La reprise


La scène est rejouée mais en changeant un paramètre (et un seul!) chez un des personnages (son âge, son humeur ou il est pressé...) ou dans la situation (une autre personne doit bientôt arriver) ou un changement dans la constellation du groupe, par exemple une rotation (un personnage d'un groupe rencontre les autres personnages, ou les personnages qui ont le même rôle se rencontrent pour chercher ensemble une nouvelle stratégie pour résoudre leur probléme)ou un changement de rôle (l'homme prend le rôle de la femme et vice versa dans la rencontre chez le conseiller conjugal).
Lorsque la rencontre semble stagner ou ne pas aboutir, nous proposons aux protagonistes d'interrompre la scène et de demander conseils à leurs proches ou leurs amis qui prennent ensuite un rôle de soutien dans la nouvelle rencontre en se plaçant derrière les protagonistes qu'ils viennent de conseiller.

Ce changement de paramètre ou de rôle conduit automatiquement à une réutilisation, à un élargissement ou à un renforcement d'une partie du nouveau matériel linguistique utilisé dans la rencontre précédente dans un contexte légèrement modifié, mais aussi à une évolution de la situation et des relations des personnages.


Activités écrites en relation avec la rencontre orale


Suivant les situations, les groupes ou les thèmes, différentes activités écrites peuvent venir se greffer sur les phases dramaturgiques.
Dans le cas d'une recherche d'emploi, l'établissement d'un curriculum vitae et une lettre de motivation en respectant les normes propres au pays qui utilise la langue cible...
Dans le cas de la scène chez le conseiller conjugal, on peut avoir un rapport ou des notes de celui-ci, l'établissement d'un "contrat relationnel" entre les deux partenaires, les notes de chacun dans son journal intime, un courriel à un(e) ami(e)...
Nous proposons en général de faire ces activités écrites en sous-groupes, ce qui permet d'exploiter de manière positive les différences de niveaux de compétence dans les groupes.


Les chaises : illustration de l'adaptation pédagogique d'un exercice thérapeutique


Cet exercice repose sur l’adaptation d'une technique projective issue du psychodrame. J'ai pu en expérimenter personnellement les effets profonds en 1985 sous la conduite de Zerka Moreno au International Centre for Psychodrama de Barnstaple.

Voici succinctement le descriptif de cet exercice en psychodrame :
Une chaise est placée face au groupe et il est demandé aux participants de s'imaginer sur cette chaise une personne de leur vie réelle avec laquelle ils aimeraient s'entretenir. Cette technique permet au protagoniste d'avoir un dialogue avec cette personne et d'exprimer des choses qu'il n'a pas pu ou osé lui dire jusqu'à présent. Elle offre la possibilité à plusieurs participants de venir ainsi successivement s'exprimer avec la personne qu'ils projettent sur cette chaise. Elle débouche donc sur un travail thérapeutique individuel.

Cette technique ne peut être utilisée sous cette forme en pédagogie. C'est pourquoi j'ai transposé en PDL le principe projectif sur lequel repose cet exercice, mais je l'ai adapté au contexte pédagogique en changeant trois paramètres :


no data Nous utilisons plusieurs chaises et nous proposons au groupe non de projeter une personne sur une chaise mais d'imaginer une situation à partir de la constellation des chaises.
[Il s'agit de projeter une personne en psychodrame / le groupe détermine une situation en Psychodramaturgie].


no data Cette situation est déterminée non par un participant du groupe mais par le groupe dans son ensemble. Nous obtenons donc une thématique groupale.
[Projection individuelle en psychodrame / projection groupale en Psychodramaturgie].


no data Alors que les protagonistes sont des personnes réelles en psychodrame, nous avons affaire à des personnages imaginaires en PDL.
[Personnes réelles en psychodrame /personnages imaginaires en Psychodramaturgie].


Ces trois différences essentielles par rapport à l’activité utilisée en psychodrame permettent, en utilisant, entre autres, la fonction protectrice de l'imaginaire, de "dé-psychologiser" ou de "dé-thérapeutiser" l'exercice original.

L'imaginaire, qui régit ces trois aspects, remplit donc une fonction protectrice pour les participants.


Orientation générale des activités écrites


C’est progressivement que la langue écrite est introduite dans l’apprentissage. Ainsi à la fin du deuxième jour les participants sont invités à émettre en sous-groupe des hypothèses sur la transcription de mots d’expressions ou de courts énoncés qui font résonance en eux.Leurs hypothèses sont comparées avec la transcription correcte. Leurs propositions sont intégrées dans des phrases qui, lorsque cela est possible, remettent les énoncés dans leur contexte d’apparition dans le groupe.
Lors de la première semaine les exercices sont essentiellement en relation avec la langue apparue dans le groupe. Par la suite exercices oraux et écrits sont de plus en plus imbriqués les uns dans les autres, tout en veillant à respecter les fonctions de la langue écrite dans leur emploi.
Il est également fait progressivement appel à des textes choisis le plus souvent selon des critères dramaturgiques et en fonction de la vie du groupe pour stimuler l’expression des participants et élargir leur connaissance et leur maîtrise de la langue écrite. Plus les participants avancent dans la maîtrise de la langue étrangère plus la maîtrise de la langue écrite est développée.


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Et la grammaire ?


Suivre au lieu d'anticiper...


La réflexion grammaticale accompagne le processus d'acquisition. Elle n'est pas programmée à l'avance mais découle des problèmes d'expression des participants. Elle part des erreurs faites dans le groupe. Elle est en accord avec un enseignement orienté vers les participants et le groupe: elle a donc lieu lorsque les participants se posent des questions sur un phénomène grammatical (cela est en particulier le cas lorsqu'ils ne comprennent pas une correction qui leur a été proposée). Elle a aussi lieu lorsque l'animatrice estime qu'une explication grammaticale permettrait de faire l'économie d'erreurs qui se répètent.


Observations finales


Il n'est pas facile de décrire le déroulement d'un cours de langue avec la Psychodramaturgie Linguistique, car la vie se laisse difficilement traduire en mots. La force et l'efficacité de la Psychodramaturgie résident non seulement dans le mode de construction et le choix des exercices en relation avec la vie du groupe, mais également dans le soin apporté à l'articulation des exercices entre eux ainsi que dans sa cohérence interne et dans la relation étroite entre ses fondements théoriques et sa pratique (voir sur ce site les fondements de la Psychodramaturgie Linguistique).

La Psychodramaturgie permet que la langue soit vécue directement et par là même plus facilement acquise, car nous retenons mieux ce qui nous concerne. Chaque participant se fraie son chemin à son rythme dans la langue étrangère et peut ainsi mieux progresser dans sa rencontre avec cette langue et ceux qui la pratiquent.



Liens


Si vous désirez approfondir vos connaissances sur les fondements de la Psychodramaturgie Linguistique, vous pouvez d'une part lire certains textes présentés sur ce site:

Pour mieux comprendre les fondements qui sous-tendent la pratique de la Psychodramaturgie, vous pouvez consulter les liens suivants sur ce site:





Pour un approfondissement des fondements théoriques et pratiques de la psychodramaturgie, nous renvoyons à l'ouvrage de référence de la PDL:



et à la bibliographie:



Vivre la PDL dans une langue étrangère...


Comme, pour des raisons de temps, nous ne pouvons proposer nous-mêmes des cours de langues, car nous concentrons actuellement nos activités dans les domaines de la formation et de la publication, nous vous invitons à consulter le site de l'Association Internationale de PDL (Internationaler PDL-Verband) qui indique sur son site des cours en différents langues (anglais, francais, italien, russe...) proposés par ses membres dans différents pays d'Europe (Allemagne, Autriche, Italie, Suisse...). Pour en savoir plus, cliquez ici